| EDITORIAL |
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... la Délégation Patronale, consciente des difficultés rencontrées par bon nombre de nos Entreprises, avait proposé une revalorisation certes modérée des Taux Effectifs Garantis, de la Valeur du Point et de la Prime de Panier, mais elle l'avait assorti d'une clause dite de "revoyure" avant le 30 juin 2010. Cette avancée prudente permettait d'une part de ne pas figer l'actuelle grille des minimas, mais aussi de ne pas insulter l'avenir en prenant dès maintenant rendez-vous à l'horizon de la fin du premier semestre 2010, pour examiner la situation économique et l'activité des Entreprises et voir ainsi dans quelle mesure il aurait peut-être été possible de réajuster la revalorisation de la grille. Et bien non! Les Représentants des salariés ont préféré ne pas signer un Accord sur ces bases, renonçant ainsi aux augmentations applicables dès le 1er janvier 2010, au profit non seulement du gel de la grille actuellement en vigueur (depuis le 1er janvier 2009), mais qui plus est à la promesse d'une nouvelle rencontre paritaire dans les 6 mois! C'est à n'y rien comprendre! Essayons tout de même d'analyser les stratégies qui ont pu primer au sein des différentes Organisations Syndicales.
Tout d'abord, il convient de préciser que seule la CFE-CGC était prête à parapher un accord, mais bien entendu, à la condition express qu'elle ne soit pas en position de signataire unique étant donné le caractère catégoriel de sa représentativité. Mais les quatre autres? Tout d'abord, la CGT et la CFDT sont restées fidèles à leurs positions de non-signataires systématiques. Quoique nous puissions faire, les propositions patronales ne sont jamais suffisantes à leurs yeux et de toute façon, cela leur permet de se présenter comme étant des "défenseurs sans compromis des salariés", mais qui néanmoins misent secrètement sur le fait que d'autres Organisations Syndicales signeront l'Accord. C'est confortable n'est-ce pas? On vilipende l'attitude des Patrons, on joue les intransigeants, mais on ne va tout de même pas jusqu'à faire valoir son droit d'opposition pour invalider un Accord. "C'est pas bon à signer, mais c'est bon à prendre!" Quel courage! Sauf que cette fois-ci c'est raté... Pour la CFTC, « il n'était pas question de signer pour 0,2% de plus ». C'est en tout cas le contenu du mail qui nous a été adressé ¼ d''heure avant le début de la réunion prévue pour une éventuelle signature, confirmant ainsi qu'aucun Représentant CFTC n'y serait présent. C'est ici une posture nouvelle, pour cette Organisation Syndicale qui était régulièrement jusque là signataire de nos Annexes Conventionnelles. En nous disant qu'il ne lui semblait pas utile de se déranger pour 0,2%, c'est pour le moins le signe d'une grande incompréhension de l'enjeu global de cet Accord qui présentait pour le coefficient 140, certes un différentiel très réduit entre le TEGA et le SMIC une fois revalorisé au 1er janvier 2010, mais qui permettait par ailleurs l'augmentation d'un peu plus de 0,6% en valeur de grille de tous les autres coefficients! Sans compter les 0,6% d'augmentation de la Prime du panier de nuit et les 0,5% de revalorisation du Point, qui eux auraient constitué du "cash" tout de suite et pour tout le monde ! Enfin, FO qui a toujours affiché une attitude constructive et pilotée par un certain bon sens, semble cette fois-ci ne pas avoir su réunir le consensus nécessaire au sein de son Organisation locale pour poser son paraphe au bas d'un Accord (que certains dans ses rangs auraient pourtant bien voulu signer!). Cela traduit l'émergence d'une ligne plus radicale et très probablement déjà entrée en campagne électorale en vue de la mesure de la représentativité syndicale imposée par les nouvelles dispositions introduites par la Loi d'Août 2008. On le voit, les motivations des Organisations Syndicales de salariés ont été diverses, mais elles ont conduit à l'échec de ces négociations. Face à cette situation, on peut légitimement se poser la question de savoir si c'est l'intérêt des salariés qui a prévalu in fine, ou bien si se sont les petits calculs visant à "montrer du muscle" en prévision des scrutins à venir qui l'ont emporté. En attendant, c'est le choix d'un gros rien plutôt qu'un petit quelque chose qui a été fait et le muscle, en la matière, ça ne nourrit pas son homme!! |




